Trilogie des jours de la Passion

Trilogie des jours de la Passion

Trilogie des jours de la Passion

Trilogie des jours de la Passion, les 9-10-11 Avril 2020. Méditation transmise par le pasteur Olivier Filhol, président du conseil régional de l’EPUdF en Nord-Normandie.

Nous vous proposons de vivre en confiance, un temps de communion avec ces textes et un temps de prière personnelle les uns pour les autres élargi à l’Humanité :

  • Jeudi Saint à 21h
  • Vendredi Saint à 15h
  • Samedi Saint à 9h

Dans l’attente de recevoir la Vie et l’Espérance du matin de Pâques !

Jeudi Saint

Jean 13/ 1 à 20

Les jours passent,
Les regards se croisent,
Des paroles s’échangent…

Depuis l’entrée triomphale dans Jérusalem, les jours se sont écoulés ponctués d’enseignements divers du Maître à ses disciples tels une ultime catéchèse abordant les thèmes comme celui de la vie donnée par amour, de la nécessité de devenir disciples, de la mort prochaine, de la foi au regard des signes posés, de cette lumière qu’Il est Lui qui est venu pour sauver le monde ! Tout un condensé de l’Evangile comme un testament avant d’entrer pleinement dans la Passion.

Enseigner par amour les disciples, leur offrir sa présence jusqu’au bout de sa vie avec cette pleine conscience de savoir qu’Il vient de Dieu et va à Dieu, Jésus vit tout cela car Il sait ce qui est encore caché à l’entendement humain, Il sait que Dieu à tout mis dans ses mains et que Dieu n’abandonne pas l’œuvre qu’Il a suscitée par amour de Sa création.

Les heures passent,
Le repas se déroule,
Les regards s’interrogent…

Et lorsqu’il n’y a plus rien à dire, et lorsqu’il faut montrer que l’on prend soin de tous, et lorsqu’il est peut-être difficile de se regarder dans les yeux, les yeux ne disant pas toujours les décisions du cœur, Jésus s’engage dans un nouveau face à face, dans un nouveau signe d’amour offert à chacun. Ce n’est plus l’homme debout, mais le serviteur à genou !

Et de l’un à l’autre Il va lentement sa vie au ras du sol, dans le geste de l’hôte qui prend soin des pieds de celui qui vient de faire une longue marche. Et la marche fût longue pour les disciples depuis leur appel, arpentant les chemins de Judée et de Galilée jusqu’à Jérusalem, jusqu’à la chambre haute… Et il faudra demain des pieds reposés pour emprunter les rues pavées de la ville et le sentier du Golgotha suivant le Maître courbé sous le poids de la croix.

Les minutes s’écoulent,
L’eau coule lentement,
Le linge caresse…

Et avant que ce qui doit arriver arrive, Jésus leur offre quelques ultimes paroles les confortant dans leur foi : « Vous avez raison, je suis Maître et Seigneur », les encourageant à faire de même avec une dernière béatitude : « Vous serez heureux si vous le faites » et les exhortant pour le moment venu : « Vous croirez que « Je suis ! » »

Vendredi Saint

Jean 18 et 19

La trahison et l’arrestation ont eu lieu,
Les interrogatoires se sont déroulés,
La couronne a été tressée.

Manque de courage pour assumer ses décisions, mascarade de procès, impossibilité de reconnaître son appartenance au groupe, moqueries jusqu’à singer un couronnement… tout s’enchaîne inéluctablement, la parole des prophètes s’accomplie jusque dans les plus petits détails et Lui avance bousculé, moqué, défiguré sans résistance en s’accrochant à son identité première, celle que Dieu, son Père, Lui a donné et a proclamé car en ses heures d’abandon Il est toujours et plus que jamais « le Fils bien aimé » celui que Dieu « a choisi avec joie » comme Il l’avait fait entendre au jour du baptême!

En Lui pas de reproche, pas de colère, pas de réplique cinglante… mais une soumission bien plus à la volonté du Père qu’à une autorité des hommes sur Lui, fussent-ils les plus puissants. Et dans cette attitude d’abandon une seule réponse « Mon Royaume… ». Il laisse Pilate dire qu’Il est Roi, Il laisse les soldats le dire Roi des juifs, Il laisse Pilate le présenter comme Roi, Il laisse Pilate faire graver une pancarte rappelant qu’Il est Roi… La royauté de Jésus occupe les discours, justifie les actes, s’affiche jusque sur la croix.

Le coq a chanté,
Les mains de Pilate sont lavées,
La croix est préparée.

Un chant se fait entendre comme un rappel à l’ordre, comme une invitation à faire silence plutôt que de se dérober, comme une exhortation à cheminer intérieurement pour pouvoir vivre les heures qui viennent non par rapport aux autres mais intimement puisque Jésus va les vivre pour chacun en particulier. Le coq chante !

Un geste est accompli aux yeux de tous comme pour gagner leur adhésion, se désolidariser de l’épilogue de ce que l’on a soi-même mis en route en se rendant complice d’une trahison, en donnant autorité à des décisions d’ordre théologique, domaine que l’on ne maîtrise pas. Pilate se lave les mains !

Des anonymes en silence et loin des regards ont travaillé sachant ce qu’ils faisaient, la scie a tranché le bois, les cordes ont assemblé morceaux, une croix est apparue, amenée au palais vide de toute vie, son poids ne fait aucun doute et nul ne peut imaginer autre utilisation que celle qui va advenir. Un homme y sera cloué.

La croix est dressée, Jésus est élevé,
Au pied de la croix les intimes, Jésus prends soin d’eux,
Sur la croix la Vie disparaît, Jésus donne Sa vie pour le Salut du Monde.

Le chemin est douloureux sous le poids de la croix, le chemin est douloureux dans le cœur des suivants, le chemin est douloureux au cœur de Dieu, mais ce chemin se déroule, se vit sans que rien ne puisse venir le détourner du but désigné. Sur le lieu du Crâne, la croix est plantée, la croix est dressée portant la vie en agonie. Jésus vit pleinement ces derniers instants, dépouillé jusque dans l’eau qui ne lui sera pas accordée pour étancher la douleur de la gorge qui se noue.

Les derniers instants sont douloureux mais au pied de la croix une autre douleur se vit, celle d’une mère, de quelques femmes, d’un disciple aimé et cette douleur ne peut pas rester sans apaisement. Alors dans un ultime effort, comme une ultime manifestation de sa bienveillance pour tous ses frères et sœurs en humanité Jésus prend soin d’eux et les confie l’une à l’autre pour qu’ensemble ils marchent sur les chemins de demain, les chemins de la Vie, les chemins qui mènent au Royaume.

La Parole faite chair peut alors avoir ces mots :
« Tout est accompli »,
mais qui saisit en cet instant ce que proclame ce « Tout » ?

La vie peut quitter le corps et le silence se faire,
sur la croix,
au pied de la croix,
dans la vie de tous puisque le sabbat est là.

Samedi Saint

Sabbat

Il a rendu impossible les questions partagées,
Il a rendu impossible les derniers gestes d’accompagnement d’une dépouille,
Il a rendu impossible les visites de consolation,
Il a rendu impossible les débats et les règlements de compte…

Car il est venu répandre le silence,
Car il est venu guider la mémoire vers l’histoire du peuple de l’Alliance,
Car il est venu stopper tout déplacement,
Car il est venu imposer sa règle de vie…

Oui le sabbat est venu !

On ne saura rien de ce que les uns et les autres ont vécu dans le confinement de leur lieu de sabbat, ont-ils discuté, ont-ils interrogé leurs souvenir, ont-ils repris des paroles entendues, ont-ils pleuré, ont-ils réglé leur compte, ont-ils prié, ont-ils seulement attendu sans savoir vraiment ce qu’ils attendaient, ont-ils échafaudé des plans pour les jours à venir… qu’ont-ils fait et dit ? Nul ne le saura jamais…

Le sabbat garde cela en son secret !

Ont-ils imploré l’aide de Dieu, ont-ils ressenti sa présence auprès d’eux, ont-ils éprouvé la chaleur de son amour en leur cœur, ont-ils perçu le son de sa voix dans la brise qui peut-être dehors soufflait, ont-ils trouvé secours dans l’assurance que le Consolateur venait à leur secours, ont-ils eu la conviction que l’Esprit de Vie œuvrait dans le secret du tombeau, ont-ils espérer le voir ressuscité comme Il l’avait annoncé, ont-ils cru qu’Il venait de donner Sa vie pour eux et qu’Il allait ouvrir pour eux le chemin de la Vie ressuscitée… Nul ne le saura jamais…

Le sabbat garde cela en son silence !

Dieu seul sait car Il a vécu avec eux ce sabbat,
Dieu seul leur a donné en silence le souffle de vie pour traverser ces heures,
Dieu seul mystérieusement s’est rendu présent à leur solitude,
Dieu seul a entendu les gémissements de leur cœur…

Dieu seul pouvait renouveler leur foi,
L’Esprit seul pouvait les préparer à une rencontre,
Celle du Vivant au milieu d’eux,
Mais cela pouvaient-ils l’envisager
puisque le sabbat les retenait dans le silence…

Le sabbat a son temps, le sabbat prendra fin !

Paroisse

1 commentaire pour l’instant

Méditation et temps régional de communion – Paroisse réformée des pays de l'Orne Publié le12 h 08 min - 7 avril 2020

[…] A cette effet vous trouvez une Trilogie méditative pour les Jeudi, Vendredi et Samedi Saints.  […]

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